Mission accomplie pour 12 finissants du programme Technologie de la production horticole et de l’environnement

Saint-Hyacinthe, le 28 mars 2013

 - C’est avec le sourire et beaucoup de satisfaction que 12 étudiants du programme Technologie de la production horticole et de l’environnement (TPHE) de l’Institut de technologie agroalimentaire, campus de Saint-Hyacinthe, sont revenus le 13 janvier 2013 d’un voyage d’études de 10 jours au Pérou.

Pourquoi avoir choisi le Pérou? Il est bon de spécifier la place importante que tient la culture de la pomme de terre dans ce pays. La pomme de terre est originaire de la cordillère des Andes où son utilisation remonte à environ 8 000 ans. On retrouve encore aujourd’hui au Pérou près de 4 000 variétés indigènes de pommes de terre cultivées.

Durant leur séjour, les étudiants ont profité de l’expertise développée du Centre international de la pomme de terre (CIP) de Lima en ce qui concerne la micropropagation et la culture aéroponique. Le CIP a pour objectif de diminuer la pauvreté et développer la sécurité alimentaire dans les pays en voie de développement. Après le riz et le blé, la pomme de terre est la troisième plus importante culture mondiale pour l’alimentation humaine. Il s’agit donc d’un aliment stratégique dans le cadre de la lutte à la faim dans le monde.

Les étudiants ont pu également apprécier le savoir-faire des Péruviens dans divers domaines de l’horticulture spécialisée comme les cultures fruitières d’exportation (raisins de table, avocats, pêches, etc.). Les techniques de culture hors-sol de fleurs coupées avec irrigation goutte à goutte dans une approche biologique ont particulièrement inspiré nos finissants. L’utilisation de terreau à base de compost et la lutte biologique aux insectes permettent une production d’une qualité exceptionnelle.

Ce voyage n’aurait pas été le même sans la contribution de SUCO (Solidarité Union Coopération). Nous avons pu bénéficier de l’expertise de cet organisme pour poursuivre notre voyage dans le domaine du développement international. La mission du SUCO vise entre autres la solidarité entre les peuples et la participation citoyenne en vue d’un développement durable basé sur des rapports égalitaires. Tout en veillant à l’amélioration des techniques d’élevage, de la transformation des produits alimentaires et de la revitalisation de l’agriculture, l’organisme travaille à renforcer les capacités organisationnelles et à accroître la production horticole biologique afin de garantir la sécurité alimentaire et améliorer les revenus des femmes au Pérou. Avec son partenaire du Sud, l’organisme non gouvernemental ALLPA (Association pour la coopération et le développement durable), nous avons visité des familles andines qui participent depuis de nombreuses années aux projets du SUCO et de ALLPA dans la région de Huari du département d’Ancash.

Les interventions comprennent entre autres l’amélioration des pâturages pour les animaux dans un écosystème fragile de la cordillère des Andes. On introduit des légumineuses et des graminées rustiques à plus de 3 000 mètres d’altitude. Ces pâturages génèrent une meilleure production de viande et de lait et protègent les prairies naturelles de la surexploitation. L’objectif est non seulement d’assurer la sécurité alimentaire, mais également de générer des surplus pour la transformation du lait en fromage par les femmes. De nombreuses familles andines ont maintenant leur petite « usine » à fromage artisanal (une salle éclairée et propre qui ne fait pas plus de 15 mètres carrés). Il en résulte un fromage frais des Andes de qualité et populaire dans les restaurants de la capitale provinciale de Huari.

Les étudiants ont également apprécié les interventions de SUCO et ALLPA dans des projets de construction de réserve d’eau pour les familles afin d’améliorer la productivité des cultures légumières et de pomme de terre durant la saison sèche.

L’économie locale qui reposait autrefois essentiellement sur des activités agricoles de subsistance génère maintenant des excédents pouvant être commercialisés.

Grâce à l’appui de l’Office Québec-Amérique pour la jeunesse, ces finissants en TPHE ressortent de ce voyage avec une meilleure ouverture sur le monde, et ce, dans un contexte de développement durable, autant économique qu’environnemental, du domaine agroalimentaire.

 

  • Guy Raymond
    Professeur en Technologie de la production horticole et de l’environnement
    Institut de technologie agroalimentaire
    Campus de Saint-Hyacinthe