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24 février 2021

Projets de production en GTEA ou comment façonner de futurs gestionnaires agricoles​

Il est 11 h 15. Entre deux cours, des étudiants en 2e année de Gestion et technologies d'entreprise agricole (GTEA) profitent de ce temps libre pour faire un saut dans les installations de l'ITA afin de surveiller de près leurs animaux ou leurs cultures en serre. Leurs? Oui, en quelque sorte! Durant une session complète, ils mènent de front un vrai projet de production en équipe et y accomplissent l'ensemble des activités, comme ils le feraient pour leur propre entreprise. Incursion dans l'univers des projets, une façon unique pour la relève de se forger en tant que futur gestionnaire.​


Par définition, le programme GTEA « vise à former des personnes aptes à exercer la profession de gesti​onnaire d'entreprise agricole (…) [qui] planifie, organise, dirige et contrôle les activités de fonctionnement et de développement d'une entreprise de production agricole (…) en production animale ou végétale. ».

C'est pourquoi à l'ITA, on place nos étudiants en situation de gestion régulièrement au cours de leurs trois années de DEC. Les projets de production représentent, d'une certaine manière, le tremplin du haut duquel la relève s'élance pour la première fois afin de développer ses habiletés en management nécessaires à la réussite de sa future entreprise.​


Innovation et défis de la « vraie vie »

En plus de mettre les étudiants en contexte réel d'apprentissage, les projets de production ont pour objectif d'encourager les futurs dirigeants d'entreprise agricole à innover dans leur pratique. Et la notion d'agriculture durable doit en faire partie intégrante. On les amène donc à :

  • réfléchir à une innovation à mettre en place,
  • cibler une variable à tester au cours du projet à l'aide d'un essai comparatif,
  • réaliser l'implantation du projet de A@Z,
  • assurer la régie et faire le suivi serré et,
  • procéder à la prise des données ainsi qu'à l'interprétation des résultats obtenus.

Pour y parvenir, les équipes doivent : choisir leur production, établir les objectifs et le protocole du projet, rédiger des hypothèses, préparer l'échéancier, estimer les coûts, voir à l'acquisition des animaux, des végétaux et du matériel requis, répartir les tâches et responsabilités à chaque membre de l'équipe, préparer les installations pour l'arrivée de leurs « sujets », organiser les récoltes ou l'envoi des animaux vers les abattoirs. Au campus de Saint-Hyacinthe, les étudiants projettent leurs revenus de la vente des productions animales à l'abattoir. Au campus de La Pocatière, les étudiants vont même jusqu'à commercialiser leurs produits en vente directe. Ils déterminent les marchés à cibler, les prix, la méthode de distribution. Évidemment, ils ne sont pas laissés à eux-mêmes, nos équipes de professeurs, technologues et ouvriers aguerris les encadrent du début à la fin!

Ainsi, on a la chance d'accompagner nos étudiants dans une multitude de projets passionnants, certains même surprenants! À titre d'exemple, au cours des dernières années, on a eu droit à :

  • l'usage de la farine d'insectes dans l'alimentation de bovins de boucherie,
  • l'utilisation de drêche (résidus de brassage) dans l'alimentation de sangliers,
  • le gain moyen quotidien de poulets de chair selon la densité d'élevage,
  • la fertilisation (conventionnelle versus biologique) sur la carotte et le broccolini,
  • l'impact de deux mélanges différents d'engrais verts intercalaires dans la culture du maïs-grain.

Comme dans la « vraie vie », les étudiants peuvent être confrontés à des animaux malades, un bogue dans la programmation de l'éclairage, un problème d'approvisionnement quelconque qui met en jeu leur projet et leur exige de « se tourner sur un 10 sous », etc. Rien de plus formateur pour développer son savoir-faire, son raisonnement et son esprit d'analyse!​

Au cœur d'un DEC pour futur(e) agriculteur/agricultrice

Les projets de production ne représentent qu'une portion du programme GTEA visant à former une relève agricole prête à faire face aux défis de l'agriculture de demain. D'ailleurs, le DEC compte une foule de spécialisations tant à notre campus de Saint-Hyacinthe qu'à celui de La Pocatière, dont trois profils en production animale biologique à ce dernier. Les nombreuses spécialisations offrent une formation se rapprochant le plus de la réalité de la future ferme de chaque étudiant.

Plus d'information sur le programme se trouve sur www.ita.qc.ca/gtea. Les admissions sont d'ailleurs en cours jusqu'au 1er mars au sracq.qc.ca pour notre campus de La Pocatière et au sram.qc.ca pour notre campus de Saint-Hyacinthe.

Il est maintenant 11 h 55, les étudiants regagnent sagement le local de leur prochain cours après avoir terminé les soins, les pesées et les vérifications de routine. Sagement? Bon, disons que ce n'est peut-être pas l'adverbe le mieux adapté à nos GTEA. 😉 Mais le secteur agricole a grand besoin de gens fougueux pour le faire progresser!